Dans le monde de la banque, la patience est souvent la monnaie la plus sous-estimée. Après des années d'efforts acharnés en Chine, JPMorgan Chase récolte enfin les fruits de son travail. Mais alors que les paris chinois de la banque portent leurs fruits, elle cherche déjà le prochain gros coup — et la Grèce pourrait bien être celui-ci.
La Chine, un pari qui porte enfin ses fruits
Pendant des années, la stratégie de JPMorgan en Chine ressemblait à une partie de poker à haut risque — beaucoup de mises, mais peu de gains. En 2026, les revenus de la banque en Chine ont augmenté de 20 % par an sur les deux dernières années, avec pour objectif de doubler ses affaires dans le pays d'ici 2030 [1]. Ce n’est pas seulement une victoire ; c’est une validation du jeu de long terme de Jamie Dimon.
La persévérance de la banque en Chine, malgré des années de revers, porte enfin ses fruits. Morgan Stanley, un autre pilier de Wall Street, a également vu une résurgence des affaires chinoises, organisant 11 ventes d’actions et offres liées à des actions d’une valeur d’au moins 1 milliard de dollars cette année [1]. On dirait que les paris chinois de Wall Street, longtemps considérés comme perdus, ressuscitent soudainement.
La Grèce : la nouvelle frontière
Mais JPMorgan n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Alors que la Chine commence à porter ses fruits, la banque étend ses activités de banque d’entreprise à la Grèce, un mouvement qui ressemble plus à un pivot qu’à une simple expansion [3]. Cette nation méditerranéenne, autrefois synonyme de crise financière, est désormais un phare d’opportunités pour JPMorgan.
L’expansion grecque de la banque sera dirigée par Konstantinos Makrydakis, un banquier chevronné chargé de superviser la couverture des grandes et moyennes capitalisations sur ce marché [3]. C’est un mouvement audacieux, mais qui correspond au modus operandi de JPMorgan : aller là où les autres ont peur de s’aventurer, et réussir.
Accords de financement du commerce et rêves en dollars
Pendant ce temps, JPMorgan continue de signer des accords qui renforcent son empreinte mondiale. En octobre 2026, la banque a signé un accord-cadre de prêt commercial avec la Nam A Bank du Vietnam, marquant une étape importante dans leur coopération internationale [2]. Cet accord, qui inclut des facilités de financement du commerce en dollars américains à court terme, souligne la capacité de JPMorgan à naviguer dans des paysages réglementaires complexes.
Le directeur général de Nam A Bank, Trần Khải Hoàn, a souligné l’importance de respecter des normes internationales de conformité strictes, un témoignage du processus de diligence rigoureux de JPMorgan [2]. C’est un rappel que dans la banque, la confiance ne s’acquiert pas — elle se construit méticuleusement.
Et après pour JPMorgan ?
Alors que JPMorgan continue d’étendre sa présence mondiale, la question n’est pas seulement de savoir où elle va — mais comment elle y arrive. Le dépôt du troisième trimestre 2026 de la banque auprès de la SEC révèle 5,1 billions de dollars d’actifs et 372 milliards de dollars de capitaux propres, un témoignage de sa puissance financière [4].
Mais avec un grand pouvoir vient une grande surveillance. Le régulateur du marché indien a récemment interdit à une entité de JPMorgan d’accéder au marché des valeurs mobilières du pays, invoquant des pratiques de trading manipulatrices [5]. C’est un rappel brutal que même les banques les plus prospères ne sont pas à l’abri des vents contraires réglementaires.
Sources
- Wall Street's JPMorgan, Goldman See Their China Bets Finally Pay Off - Bloomberg
- Nam A Bank signs trade finance agreement with JPMorgan Chase
- JPMorgan Expands Corporate Banking Business to Greece - Bloomberg
- JPMorganChase Files Form 10-Q for the Quarter Ended September 30, 2026 | JPMorgan Chase & Co.
- JPMorgan Chase & Co | Reuters
- JPMorgan Seeks to Pour $750 Billion Into Housing in Next Decade